Rechercher dans ce blog

vendredi 10 juillet 2015

Quels ministres méritent de rester au gouvernement

Quels ministres méritent de rester au gouvernement
Article de la revue capital payant


Les ministres qui travaillent bien… et les cancres

26/03/14 à 16:46
Mis à jour le 26/03/14 à 16:47



Réformes, habileté à négocier, économies… Quels ministres méritent de rester au gouvernement ? Nous avons passé vingt et un d’entre eux au crible.
Mais qu’est-ce qu’un bon ministre ? Pour François Hollande, la réponse ne fait pas de doute : c’est quelqu’un qui s’exécute sans faire de vagues, qui communique à fond sur ses réformes… mais qui n’en fait pas beaucoup. Bref, c’est un bon petit soldat de l’immobilisme. Les Français, eux, attendent autre chose. D’un ministre, ils veulent qu’il fasse avancer ses dossiers, qu’il n’ait pas peur de froisser des ­intérêts corporatistes et qu’il soit économe avec les deniers publics. C’est à cette aune que nous avons établi le bilan des membres du premier gouvernement Hollande – de ceux, du moins, dont l’action a une résonance économique.
Eh bien, les meilleurs ne sont pas forcément ceux qu’on croit ! Les vieux crocodiles de la gauche qui semblaient sûrs d’eux en arrivant, comme Pierre Moscovici à Bercy ou Vincent Peillon à l’Education nationale, ont surtout fait beaucoup de ronds dans l’eau. A l’inverse, d’autres qui paraissaient campés sur des positions radicales, comme Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg, ont su faire preuve de pragmatisme et affichent finalement un bon bilan. Idem pour certains que l’on ne connaissait pas, telle Fleur Pellerin, qui a fait plus pour les PME que bien de ses collègues.
Sandrine Trouvelot
Nicole Bricq, ministre ­du ­commerce ­extérieur
=> 3,5% de baisse pour nos exports en Asie en 2013
Motivée, mais peu de résultats pour nos PME
Il faut le reconnaître : l’ex-­ministre de l’Ecologie, qui a atterri au Commerce extérieur en juin 2012 parce qu’elle s’était opposée au lobby pétrolier, est une technicienne qui travaille ses dossiers. Depuis son arrivée à Bercy, cette ancienne de la commission des Finances du Sénat a réorganisé notre système de soutien à l’export en regroupant plusieurs structures existantes sous la bannière France International et en ­fusionnant l’Agence française pour les investissements internationaux avec Ubifrance. Elle-même n’a pas ménagé sa peine, puisqu’elle s’est déplacée une soixantaine de fois à l’étranger. Pourtant, ses résultats sont franchement médiocres. Certes, notre abyssal déficit commercial s’est un peu réduit l’an dernier pour atteindre 61 milliards d’euros, contre 67 en 2012. Mais ce progrès est bien plus dû à la baisse de nos importations qu’à la reprise des exportations. Nos PME, en particulier, ne vendent pas plus dans les pays émergents qu’avant l’arrivée de la ministre. S.T.

Bernard Cazeneuve, ministre délégué chargé du budget
=> 230 millions d’euros récupérés chez les exilés fiscaux
Tenace, il a fait revenir ­plusieurs milliers d’exilés
L'ancien ministre des Affaires européennes, qui a remplacé il y a un an au Budget ­Jérôme Cahuzac, n’a pas eu une mission facile. Passons sur le bouclage des finances publiques, qui s’est révélé une vraie catastrophe. En dépit des hausses massives d’impôts décidées par l’Elysée (20 milliards en 2013, et 3 autres en 2014), ce proche de Fabius et de Hollande, réputé pince-sans-rire, n’est pas parvenu à rééquilibrer le budget. Cette année encore, le déficit public devrait tutoyer les 4%. Il y a toutefois une bonne nouvelle : grâce à sa ténacité, ce fils d’ouvrier connu pour son s­érieux a mis un coup d’accélérateur à la lutte contre l’évasion fiscale. Près de 16 000 contribuables tricheurs se sont ainsi dénoncés au fisc (dont 80% titulaires de comptes en Suisse). Seuls 230 millions d’euros ont pour l’instant été récupérés, mais le ministère espère empocher plus de 2 milliards pour 2014. La loi contre la fraude et la grande criminalité devrait aussi permettre de renforcer les contrôles à l’encontre des grandes entreprises, puisqu’elle oblige tout cabinet commercialisant un schéma d’optimisation fiscale à le signaler au fisc avant de le vendre à un client. L’ennui, c’est qu’il sera facile d’y échapper en faisant appel à un cabinet… étranger ! S.T.
Frédéric Cuvillier, ministre des ­Transports
=> 900  millions d’euros de recettes d’écotaxe perdus
Il s’est laissé dépasser par ses dossiers
Ecotaxe, réforme ferroviaire, taxis en pétard, quasi-faillite de la SNCM… On peut dire que Frédéric Cuvillier a eu son compte de dossiers minés au ministère des Transports. Mais au lieu de les résoudre avec efficacité, cet élu de Boulogne-sur-Mer, grand ami des marins pêcheurs, s’est souvent noyé dans un verre d’eau. Son texte sur la réorganisation du rail français, par exemple, qui était censé ­garantir une réelle mise en concurrence de la SNCF d’ici dix ans, ne garantira en réalité rien du tout : c’est la compagnie nationale et ses puissants syndicats qui le lui ont en grande partie dicté ! Et il instaure une telle usine à gaz que plus personne ne comprend rien à ces questions d’aiguillage… Pas glorieuse non plus, sa gestion de l’affaire des taxis, qui s’est (provisoirement) terminée en eau de boudin. Quant à l’écotaxe, ce fameux impôt sur les poids lourds aujourd’hui suspendu… Non seulement Frédéric Cuvillier n’a pas vu venir les Bonnets rouges, mais il n’a rien fait pour leur ­tenir tête. Résultat : les grands projets d’aménagement urbain – notamment de tramways – qui devaient être financés par le produit de cette taxe se retrouvent le bec dans l’eau. E.A.
Cécile Duflot, ministre du Logement
Des mesures chocs pour un résultat calamiteux
=> 330 000 logements neufs en 2013 (500 000 promis)
On ne peut pas lui reprocher d’être restée les bras ballants… En dix-huit mois, l’ex-­patronne des écolos a pondu quatre ordonnances et deux projets de loi, dont le dernier, Alur, adopté fin février, ne compte pas moins de 120 articles. Fidèle à son personnage, Cécile Duflot y est allée à la ­hussarde, avec l’annonce de ­mesures chocs – encadrement des loyers, garantie des impayés – censées protéger les locataires. Mais à l’arrivée, son texte, bien qu’édulcoré, risque de se révéler contre-productif. En décourageant un peu plus les promoteurs et les investisseurs privés, il pourrait en effet contribuer à réduire encore le nombre de mises en chantier. N.V.
Laurent Fabius, ministre des Affaires Étrangères
=> 130 conseils économiques créés dans nos ambassades ; + 31% d’exportations d’armements en 2013 ; 700 entreprises épaulées
Il a mis la diplomatie française au service des entreprises
Les contacts étroits entre Nicolas Sarkozy et l’émir du Qatar avaient fini par agacer ses grands voisins. Dès son ­arrivée au Quai d’Orsay, Laurent Fabius a pris soin de réchauffer nos relations avec l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Bien lui en a pris : à eux seuls, ces deux pays ont représenté l’an dernier plus du tiers des commandes d’armements enregistrées en 2013. Mais les grands contrats, par nature aléatoires, ne suffiront pas à redresser notre commerce exté-rieur lourdement déficitaire. Pour aider les PME à exporter, l’ancien plus jeune Premier ministre de France s’est fixé lui-même une nouvelle priorité : faire de la diplomatie économique. Première initiative concrète, la création en mars 2013 d’une Direction des entreprises et de l’économie inter­nationale au sein de son administration. A sa tête, il a choisi un homme du privé, Jacques Maire (fils de l’ancien dirigeant de la CFDT, Edmond Maire), énarque mais ancien du groupe Axa. Autre nouveauté, chacune de nos 163 ambassades dispose désormais d’un conseil économique de 15 à 20 membres bénévoles ­associant, en plus des diplomates, des expatriés et des industriels ou financiers locaux. Chacun de ces conseils est soumis à un reporting annuel, avec obligation de résultats. On ne rigole plus. O.D.
Aurélie Filippetti, ministre de la Culture
=> 6  euros de plus pour la redevance en 2014
Elle n’a rien résolu à France Télévisions
L’un de ses premiers chantiers a consisté à démolir une construction de son prédécesseur : la Hadopi (Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet), créée en 2009, vient d’être supprimée. Il est vrai qu’elle coûtait 11 millions d’euros par an, pour un résultat insignifiant. Aurélie Filippetti a en revanche eu beaucoup plus de mal à imposer des économies à France Télévisions. Le groupe public va encore engloutir cette année 2,54 milliards d’euros, soit seulement 0,15% de moins qu’en 2013. Pour financer cela, la ­ministre n’a pas eu d’autre choix que d’imposer une hausse de 6 euros de la redevance. O.D.

Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
=> 2,4  millions d’étudiants formés à l’entrepreneuriat
Les patrons du high-tech plébiscitent son action
Douée pour la recherche scientifique, la France est à la traîne quand il s’agit de faire fructifier ses résultats par les entreprises. Voilà pourquoi ­Geneviève Fioraso s’est efforcée de faciliter la transformation des inventions issues de nos ­laboratoires publics en productions industrielles ou de les aider à susciter la création de start-up. Le dispositif mis en place par cette ancienne du ­Minatec, le fameux centre de recherche grenoblois dans les nanotechnologies, est plébiscité par de nombreux patrons de PME high-tech et business angels. Elle vient de créer un statut d’étudiant-­entrepreneur, et elle a fait former davantage de techniciens supérieurs et d’ingénieurs. Cela devrait permettre de mieux répondre aux besoins de nos industriels. E.G.
Benoît Hamon,ministre délégué à l’économie sociale et à la consommation
=> 1  milliard d’euros d’économies dans l’optique
Discret, mais efficace pour notre pouvoir d’achat
Certes, l’ex-porte-parole du PS n’a pas réussi à imposer l’étiquetage de l’origine des viandes. Mais sa loi sur la consommation votée début ­février devrait changer notre quotidien. D’abord, parce qu’elle va permettre aux associations de consommateurs de lancer des «class actions» comme aux Etats-Unis, ce qui permettra de limiter les abus de la part des entreprises. Ensuite, et surtout, parce que les nouvelles règles de concurrence vont faire reculer les prix dans certains secteurs. Les ménages pourront par exemple résilier leurs contrats d’assurance à tout moment, sans attendre la date anniversaire. «Certains tarifs vont forcément baisser un peu», prévoit-on chez Assurland.com, un comparateur en ligne. Mais la plus grosse avancée concerne l’optique. L’obligation désormais faite aux ophtalmos d’inscrire sur l’ordonnance l’écart pupillaire devrait en effet doper les ventes sur Internet, où les prix sont inférieurs d’au moins 25%. En théorie, cela permettra aux ménages d’économiser plus de 1 milliard d’euros par an. S.T.
Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense
=> 20 500 suppressions de postes en deux ans
Efficace, il a réduit la ­voilure de nos armées
Le doigt sur la couture du pantalon, Jean-Yves Le Drian a raboté de 7% en deux ans les effectifs de son ministère, faisant mieux que les objectifs fixés par François Hollande. L’ex-maire de Lorient est d’ailleurs crédité d’un sans-faute pour avoir aussi verrouillé nos expéditions au Mali et en Centrafrique (770 millions d’euros de dépenses en 2013), fermé le coûteux système Louvois de paie informatisée lancé en 2001 et légèrement accru notre part du marché mondial de l’armement (8,6%). Il réfléchit désormais à des restructurations industrielles qui pourraient concerner Thales, DCNS, Dassault, Renault Trucks et Nexter. E.G.
Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l’état et de la fonction publique
=> 450  millions d’euros perdus avec la suppression du jour de carence pour les fonctionnaires ; 15 milliards par an engloutis pour rien dans le millefeuille territorial
Protéger les fonctionnaires coûte que coûte !
S’il fallait décerner la palme du conservatisme et de la politique du formol, elle l’emporterait haut la main. Depuis qu’elle s’est installée au ministère de la Fonction publique, cette proche de Martine Aubry n’a eu de cesse de… ne rien faire bouger du tout. Non seulement elle n’a pas modernisé le statut de la fonction publique - qui génère tous les ans des milliards d’euros de ­gaspillage - mais elle a rétabli l’un de ses plus choquants privilèges : l’absence de journée de carence en cas d’arrêt maladie. La suppression de cet avantage en 2012 par François Fillon avait pourtant considérablement réduit les abus et permis d’économiser pas loin de 400 millions d’euros dans les trois fonctions publiques.­ ­Marylise Lebranchu n’a pourtant pas hésité à le rétablir. Elle n’a pas non plus été très efficace pour la réforme des collectivités locales : deux ans après son arrivée, rien ou presque n’a changé dans notre organisation territoriale ! Ph.E.
Stéphane Le Foll, ministre de ­l’Agriculture
=> 30 000 exploitations disparues depuis 2012
Il n’a pas enrayé le déclin de notre agriculture
Nos campagnes continuent de se dépeupler à toute vitesse, avec la disparition chaque année de 15 000 exploitations, en dépit de la création de 10 000 nouvelles fermes. Loin d’avoir ralenti cette dégringolade, ­Stéphane Le Foll a peiné à ­débloquer les freins administratifs à l’installation des jeunes agriculteurs. Ce proche de François Hollande, dont il était le directeur de cabinet au PS, n’a pas non plus enrayé la baisse de notre business agroalimentaire, bien moins robotisé qu’en Allemagne et orienté sur des productions pas assez haut de gamme. Ce n’est pas étonnant. Alors que le chef de l’Etat soutenait dès son élection l’agriculture productiviste chère à la FNSEA, Stéphane Le Foll a louvoyé entre ce syndicat et la Confédération paysanne, très à gauche, au risque de mécontenter tout le monde. E.G.
Victorin Lurel, ministre des Outre-Mer
=> 12% de baisse pour le coût de la vie dans les îles
Il a dopé le pouvoir d’achat dans les DOM-TOM
Surtout connu pour avoir comparé le dictateur vénézuélien Chavez à «Charles de Gaulle plus Léon Blum», le ­ministre guadeloupéen a malgré tout eu une action positive : il a su défendre le pouvoir d’achat des ménages ultramarins. ­Négociée entre l’Etat et les distributeurs, la valeur du panier d’articles de référence a baissé de 12% depuis 2013 (mais reste tout de même 15% plus chère qu’en métropole). Et l’essence affiche un recul de 3 à 8 centi­mes par litre selon les DOM. Par contre, Victorin Lurel a ­refusé de réduire les primes versées aux fonctionnaires sur place (40 à 60% du salaire). Et il n’a pas revu les coûteuses exonérations ­fiscales des DOM. E.G.
Philippe Martin, ministre de ­l’Écologie
=> 0,3 point d’augmentation des énergies renouvelables
Peu combatif, il présente un maigre bilan
La France aura du mal à tenir son engagement européen d’atteindre 23% de part d’énergies ­renouvelables dans notre consommation finale en 2020. La gauche, que l’on attendait pourtant sur ce sujet, a pris du retard : au rythme actuel, nous serons au mieux à 17%. Il faut dire que Philippe Martin s’est montré moins combatif que Delphine Batho, à qui il a succédé en juillet dernier. Et il s’est surtout préoccupé de défendre les dogmes des Verts, comme la fermeture de Fessenheim ou l’interdiction d’exploitation du gaz de schiste. E.G.
Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif
=> 170 752 emplois sauvegardés en dix-huit mois ; 1 343 dossiers examinés (avec Bercy) ; mais 350 tweets envoyés tous les mois
Un peu trop de com, mais des ­résultats tangibles
Aucun doute : en matière d’autopromotion, Arnaud Montebourg est un champion. Chacune de ses interventions est immédiatement mise en valeur sur son blog, son compte Twitter et sa page Facebook. Le ministre peut ainsi tenir le compte, en temps réel, du nombre d’emplois sauvés depuis sa nomination. Début mars, son compteur en recensait 170 752, pour 1 343 dossiers d’entreprises traités. Ce remarquable exploit mérite toutefois d’être nuancé. D’abord, les dossiers mentionnés ne relèvent pas tous des services d’Arnaud Montebourg. Ses 22 commissaires au redressement productif, qui suivent dans chaque région les PME, ne s’intéressent en effet qu’aux dossiers de moins de 400 salariés – au-delà, c’est le Ciri (Comité interministériel de restructuration industrielle), dépendant du Trésor et donc de Pierre Moscovici, qui prend les choses en main. Ensuite, ces opérations de sauvetage ne concernent qu’une petite partie des sinistres économiques. Chaque année, des milliers d’autres entreprises dégraissent en silence sans jamais être prises en charges par l’Etat. N’empêche, l’action d’Arnaud Montebourg mérite d’être saluée pour son efficacité. O.D.
Pierre Moscovici, ministre de l’Économie et des Finances
=> 2 500 emplois en moins à Bercy en 2014
Il a échoué dans ses ­principales missions
Beaucoup le disent dilettante, mais ses proches ­assurent qu’il travaille vite. Une chose est sûre : Pierre Moscovici n’a pas réussi à remplir ses ­objectifs. Certes, le patron de Bercy a poursuivi la réduction des effectifs administratifs de son ministère, entamée par son prédécesseur (2 500 postes ­seront rayés de la carte en 2014, après 2 350 en 2013). Mais pour le reste, ce brillant intellectuel a surtout excellé dans la langue de bois. Depuis son arrivée au gouvernement, il n’a pas cessé de promettre les 3% de déficit pour l’année suivante, sans jamais tenir son pari. Bruxelles vient d’ailleurs de lancer une procédure d’alerte à l’encontre de notre pays, désormais classé dans la catégorie des Etats membres à «déséquilibre excessif». Pierre Moscovici n’a pas non plus fait d’étincelles dans la mise en place de la réforme bancaire. François Hollande avait-il promis de séparer les ­activités spéculatives des établissements ­financiers et d’interdire à ces derniers d’exercer dans les ­paradis fiscaux ? Son ministre s’est contenté de faire voter une petite loi qui ne résout aucun des problèmes. Et il s’oppose ­aujourd’hui à la réforme européenne de Michel Barnier, n­ettement plus ambitieuse, qui veut, pour protéger les clients, interdire aux banques de l’Union de spéculer sur leurs fonds propres. S.T.
Vincent Peillon, ministre de l’Édu­cation Nationale
=> 20 800 postes créés dans les écoles et les lycées
De loin le plus dépensier des ministres
François Hollande l’avait ­promis, Vincent Peillon l’a fait. Il a créé 3 000 postes en 2012, en a ajouté 8 800 en 2013, et s’apprête à en créer 9 000 autres cette année, afin de tenir ­l’objectif des 54 000 emplois supplémentaires dans l’Education ­nationale à la fin du quinquennat. A ces ­nouveaux embauchés (pour la plupart, des enseignants) sont ­venus s’ajouter l’an dernier 28 000 emplois aidés, des mi-temps peu qualifiés relevant du «traitement social du chômage». Au total, tous ces renforts devraient coûter 1 milliard d’euros en 2014, alors même que le nombre d’élèves scolarisés a ­diminué de 467 418 (soit 3,7% du total) depuis deux ans.
Autre dossier contesté du ­ministre, la réforme des rythmes scolaires a été imposée sans concertation à des milliers de collectivités locales. Cet allon­gement d’une demi-journée de la semaine dans les écoles primaires, à la charge des communes, coûtera 150 euros par tête blonde, soit un peu plus de 1 milliard d’euros par an, ­financé cette fois par les ­impôts locaux. E.G.
Fleur Pellerin, ministre chargée des PME, de l’Innovation et du Numérique
=> 1  milliard d’euros en plus pour nos start-up
Une vraie motivation et des annonces prometteuses
Alors que les relations entre le gouvernement et les entreprises étaient particulièrement tendues, Fleur Pellerin a réussi le double exploit de se faire un nom aux côtés d’Arnaud Mon­tebourg, son encombrant ministre de tutelle, et d’emporter l’adhésion des patrons. Son ­excellente connaissance des dossiers et son grand sens du dialogue ont fait des Assises de l’entrepreneuriat un succès. Mais un an après la manifestation, les entrepreneurs attendent toujours des résultats concrets. Il faut dire que la ­ministre déléguée n’a pas toujours les relais politiques suf­fisants pour faire aboutir ses idées. Plusieurs projets, comme le plan qui prévoit la couverture du territoire en très haut débit en 2022 ou encore la mise en place d’un écosystème favorable aux start-up dans plusieurs villes, devraient toutefois porter leurs fruits… à long terme. S.R.
Sylvia Pinel, ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme
=> 11% de recul des créations d’autoentreprise en 2013
En dépit de son engagement, son bilan est mince
On ne voudrait pas tirer sur une ambulance, mais il faut bien reconnaître que, depuis deux ans, Sylvia Pinel s’est surtout fait remarquer pour ses bourdes et sa gestion confuse des dossiers. En particulier dans le cas des autoentrepreneurs. Reprenant une promesse du candidat Hollande, elle s’était engagée à durcir leur ­régime. La révolte des «poussins» et les propositions consensuelles du député Laurent Grandguillaume, appelé à la rescousse pour éteindre l’incendie, l’ont finalement obligée à faire machine arrière. Adoptée à la quasi-unanimité après plus d’un an de polémiques, la loi ­Pinel ne changera finalement pas grand-chose. S.R.
Michel Sapin, ministre du Travail et de la formation professionnelle
=> 20 000 contrats de génération signés (contre 75 000 annoncés) ; 365 000 chômeurs de plus en dix-huit mois
Ce fin négociateur n’a pas fait plier l’échine au chômage
Certes, Michel Sapin a réussi à faire adopter par les partenaires sociaux un accord sur la sécurisation de l’emploi, qui apporte plus de flexibilité au marché du travail. Désormais, les entreprises en difficulté peuvent mettre en place des plans de sauvegarde de l’emploi augmentant le temps de travail sans risquer un recours devant les tribunaux. En échange, les salariés ont obtenu plus de droits, notamment une généralisation de la complémentaire santé et une meilleure couverture chômage. Pour l’inversion de la courbe du chômage, par contre, c’est plutôt raté, en dépit des 100 000 contrats d’avenir créés pour les jeunes. L’Insee a certes fait état d’un léger recul du taux de chômage au dernier trimestre. Mais ce résultat inespéré s’explique… par la modification du questionnaire que l’institut statistique fait remplir aux ménages. S.T.
Marisol Touraine, ministre desAffaires Sociales et de la Santé
=> 16,2  milliards d’euros de déficit pour la Sécu en 2013
Aucune réforme sérieuse malgré l’urgence
Au-delà de l’instabilité de son cabinet (trois directeurs en deux ans), le bilan de Marisol Touraine n’est pas très flamboyant. Sa réforme des retraites, qui a rétabli la possibilité de partir à 60 ans dès lors qu’on a suffisamment cotisé et allongé la ­durée de cotisation à 43 ans en 2035 ? Elle n’a pas résolu le problème du déficit, loin de là. Sans mesure correctrice supplémentaire, ce dernier devrait atteindre 13 milliards d’euros en 2020, et chacun sait qu’il faudra une autre réforme avant cinq ans. Son accord pour limiter les dépassements d’honoraires des médecins ? Certains se sont un peu calmés sur leurs tarifs, mais le problème reste entier. Les déserts médicaux, sources de grandes inégalités dans l’Hexagone ? Les 200 installations de médecins, contre compensation ­financière, n’ont rien changé. Quant à la réforme de l’hôpital, la ministre n’a rien fait ou presque. «Marisol Touraine s’est contentée de poursuivre la politique de ses pré­décesseurs», assure un bon connaisseur des dossiers. Résultat : le déficit de la Sécu n’a quasiment pas été réduit. S.T.
Manuel Valls, ministre de l’intérieur
=> 550 emplois de moins en préfectures en 2014
Il a osé réduire les primes de ses agents
Au-delà de ses résultats ­mitigés en matière de sécurité, l’élu de gauche le plus apprécié de la droite a cherché à faire des économies en ­s’installant Place Beauvau. S’il a créé près de 850 postes de policiers et de gendarmes depuis son arrivée, il a aussi poursuivi la réorganisation des services lancée par le gouvernement précédent. Cette année, 550 postes vont ainsi être supprimés dans les préfectures et les sous-préfectures. Le chouchou des sondages n’a pas non plus hésité à tailler dans les salaires de ses fonctionnaires. Afin de limiter la rémunération des heures ­supplémentaires, qui se sont multipliées ces dernières ­années pour atteindre près de 12 000 équivalents temps plein, il est revenu sur un dispositif mis en place par son prédé­cesseur, Claude Guéant. Il faut dire qu’il était généreux : en permettant aux policiers en congé de se faire rappeler pour des heures sup, ce système avait généré de grosses dérives. Sur sa lancée, Manuel Valls a aussi imposé aux syndicats une réduction des primes pour les élèves policiers et repoussé de neuf mois la revalorisation des ­salaires prévue en 2014 pour les catégories B. Le gros point noir reste toutefois la mutualisation des moyens entre policiers et gendarmes, intégrés au ministère en 2009. La Cour des comptes assure qu’il y a là 130 millions d’euros à économiser. Mais pour l’instant, cette grande réforme reste coincée au garage. S.T.

1 commentaire:

  1. Merci pour ses informations

    Besoin d'un travail à domicile d'appoint ?
    Marre des fins des mois difficiles ?
    Voici comment travailler chez soi à temps partiel et gagner de l'argent !

    Fini le stress dans le monde du travail !

    Pour plus d'information découvrez nos collections :

    http://www.bibliotheque-enligne.com/

    RépondreSupprimer